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L'avenir des stations de ski saoudiennes : un projet incertain

Le projet ambitieux de l'Arabie Saoudite de construire une station de ski ouverte toute l'année, Trojena, connaît actuellement une période d'incertitude quant à sa réalisation. Ce complexe hivernal futuriste, envisagé au cœur de la région montagneuse de Tabuk, fait partie intégrante de l'initiative urbaine colossal NEOM. Bien que cette zone connaisse rarement des chutes de neige naturelles significatives, les concepteurs avaient prévu de combiner des techniques d'enneigement traditionnelles et innovantes, y compris l'utilisation d'une surface de piste sèche, pour garantir une pratique du ski continue. Le climat sec et la faible humidité de la région étaient même perçus comme des atouts pour la production de neige.

Ce domaine devait proposer 36 kilomètres de pistes skiables et un lac artificiel de 2,8 kilomètres. La conception intégrait des pistes serpentant autour d'une vaste structure métallique abritant des hébergements et d'autres infrastructures. Dès son annonce, Trojena a été désignée pour accueillir les Jeux asiatiques d'hiver de 2029, un honneur qui lui a depuis été retiré au profit d'Almaty, au Kazakhstan. Les communications régulières sur l'avancement du projet, qui montraient initialement des progrès considérables dans la construction et des essais d'enneigement réussis, se sont estompées depuis l'automne dernier. Cette pause coïncide avec des rapports suggérant que l'escalade des coûts de construction remettait en question la rentabilité de l'investissement, comme le mentionnait le Wall Street Journal à l'époque.

Plus récemment, dans un contexte de tensions géopolitiques accrues dans la région, le projet a subi de nouveaux revers avec l'annulation de deux contrats majeurs, selon une nouvelle publication du Wall Street Journal. La société malaisienne Eversendai Corporation a vu son accord de fabrication et de construction d'acier résilié, tandis que le géant italien des infrastructures WeBuild a perdu son contrat pour la réalisation d'un barrage et du lac d'eau douce. Bien que les travaux de Trojena aient été annoncés comme achevés à 30% fin mars 2026, ces annulations de contrats laissent planer le doute sur une éventuelle suspension, un arrêt définitif ou une réduction de l'ampleur du projet. Pour l'heure, aucune déclaration officielle n'a clarifié l'état actuel de la situation.

Malgré les obstacles et les incertitudes, les projets ambitieux comme Trojena témoignent de la volonté d'innovation et de transformation. Chaque défi rencontré est une opportunité d'adapter les stratégies et de revoir les priorités. Il est essentiel de ne pas céder au découragement face aux difficultés, mais de chercher des solutions durables et de tirer les leçons des expériences passées pour construire un avenir plus résilient et prospère. L'audace de viser grand, même en terrain inconnu, peut inspirer des avancées significatives, pourvu qu'elle s'accompagne d'une évaluation rigoureuse et d'une capacité à se réinventer.